Les célibataires se marient avec le cœur léger…
Les jeunes sont enthousiastes, le cœur bat vite, l’avenir se rêve à deux.
Fiançailles, alliances, petits cadeaux, gestes délicats…
Tout cela plaît à l’âme. Nous sommes tous passés par là, inutile de le nier.
Mais lorsque l’âge avance, lorsqu’il s’agit d’un second mariage,
le langage change, l’intention change, la mentalité change.
L’époque des trois bracelets et d’un collier est révolue.
Désormais, on parle de titres de propriété, on parle de voitures.
« Que la maison soit à mon nom »,
« Qu’il ait une voiture »,
« Qu’il soit un bon père pour mes enfants »,
« Qu’elle soit une bonne mère pour les miens »…
La liste est interminable.
Mais personne ne parle de l’essentiel.
Tout le monde énumère des attentes,
personne ne veut porter la responsabilité.
Chacun exige la perfection de l’autre,
mais personne n’ose se regarder en face.
Ceux qui manquent de compassion même envers leurs propres enfants,
ceux qui claquent la porte au moindre désaccord,
parlent ensuite de maternité et de paternité.
Comment comprendre les séparations pour des raisons futiles ?
Une dispute, une blessure, un peu d’impatience… et la rupture.
Mais les enfants, que deviennent-ils ?
Pourquoi sont-ils condamnés à payer le prix
de l’ego, des caprices et de l’immaturité des adultes ?
Personne ne pose la vraie question :
Où est le père de cet enfant ?
Où est sa mère ?
Ils sont dans la même ville, mais absents.
Dans la même vie, mais effacés.
Fuir ses responsabilités puis exiger un « bon parent » chez l’autre
est une profonde contradiction.
Être un bon parent ne se mesure ni à une maison,
ni à une voiture,
ni aux images publiées sur les réseaux sociaux.
Être un bon parent,
c’est la patience, le sacrifice,
et surtout ne pas fuir quand la vie devient difficile.
Faire un enfant est facile.
Élever un enfant est difficile.
Et c’est là que tout commence.
Vous n’avez même pas encore construit de souvenirs ensemble.
Vous ne savez pas combien de fois vous avez partagé une table.
Vous ignorez s’il aime la salade avec ou sans citron.
Mais vous réclamez une maison.
Vous réclamez une voiture.
Quand avons-nous commencé à aimer les garanties plus que les sentiments ?
Quand l’amour est-il devenu un acte notarié,
l
a confiance une clé de voiture ?
On est en droit de se demander :
Construisons-nous une vie ensemble
ou signons-nous une police d’assurance ?
L’amour ne commence pas par un cahier des charges.
L’affection ne grandit pas à travers une liste matérielle.
Être de bons parents commence par regarder l’autre comme un être humain.
Connaît-il Dieu ?
A-t-il la crainte de Dieu ?
Quelle est sa vertu ?
Où commence sa miséricorde, où s’arrête-t-elle ?
Autrefois, on posait ces questions.
Aujourd’hui, on ne les pose plus.
On demande le titre de propriété.
On demande la voiture.
On pèse les gens selon ce qu’ils apportent.
Dans ce monde, beaucoup de femmes se disent prudentes,
les hommes ne sont pas en reste.
Chacun se croit malin, chacun cherche à se sécuriser.
Mais personne ne réfléchit à ceci :
Dans cette maison, il y a un enfant.Cet enfant a une histoire.
Un père et une mère — vivants mais absents,
ou effacés alors qu’ils respirent encore.
Ce texte ne s’adresse pas à ceux qui ont perdu leur conjoint par la mort.
Leur douleur est autre, leur place est sacrée.
Ce texte s’adresse aux familles détruites sans raison valable,
aux mariages brisés par l’ego,
à ceux qui sont partis en disant « ça ne marche plus »…
puis ont introduit de nouveaux rôles parentaux dans la vie des enfants.
Un enfant finit par demander : « À qui est-ce que j’appartiens ? »
La réponse ne se trouve ni dans un acte de propriété,
ni dans une voiture.
Apprenez la valeur de ce que vous avez. Un conjoint n’est pas un objet.
Un enfant n’est pas un fardeau.
Une famille n’est pas un investissement.
La crainte de Dieu ne vit pas seulement sur les lèvres,
elle se manifeste dans les actes.
La vertu n’est pas sur le papier,
elle réside dans la conscience.
Le reste n’est pas de la prudence. Le reste, c’est la perte.
Le reste, ce sont des documents, des calculs,
et la réponse douloureuse à cette question :
« Quand sommes-nous devenus ainsi ? »
Hakime Gülsüm Hicret