Ma grand-mère se fâchait beaucoup contre moi.
« Qu’y a-t-il donc dans ces journaux ? » disait-elle en secouant la tête 🙂
Elle disait bien d’autres choses encore… mais je ne les écris pas ici 😉
Chaque jeudi, quand je voyais les journaux qui enveloppaient les provisions apportées par ma mère, je les lisais avec un immense appétit.
À l’époque, on ne trouvait pas de journaux dans notre bourg ; seuls ceux qui allaient au district en rapportaient.
Mon oncle était veilleur de nuit. Après chaque garde, il rentrait avec le journal Yeni Asır à la main. Mais, curieusement, je n’aimais pas beaucoup les actualités.
Moi, en revanche, je ne jetais même pas les morceaux de journaux restés des courses. Je lisais chaque ligne, mot par mot.
Vieilles nouvelles, anciens programmes télé, pages jaunies par le temps…
Je lisais tout ce qui me tombait sous la main.
Depuis mon enfance, j’ai en moi une passion pour la lecture qui ne s’est jamais éteinte.
Les romans de mes cousines, les cahiers, les livres que je trouvais…
J’aimais lire tout ce qui n’était pas lié à l’école.
Aujourd’hui encore, cette habitude n’a pas changé.
Pour moi, laisser un livre inachevé est impensable.
S’il me parle au cœur, je ne le lâche pas ; je le relis encore et encore.
Aujourd’hui, l’ordre parfait de ma bibliothèque était sens dessus dessous.
Les livres mélangés, les cahiers éparpillés partout.
À cet instant, j’ai pensé que si j’avais mes propres enfants, j’aurais peut-être crié :
« Mais qu’avez-vous fait ici ? Vous allez me rendre folle ! »
Pourtant, pas une seule colère n’a traversé mon cœur.
J’ai ramassé chaque livre avec patience, replacé chaque cahier avec soin.
Et puis, je me suis arrêtée un instant et j’ai souri.
J’ai admiré la curiosité, l’enthousiasme et l’effort de ces toutes petites mains.
Comme vous l’avez deviné, celle qui avait mis mes livres sens dessus dessous, c’était ma petite-fille 🙂
Je crois qu’en vieillissant, ce n’est pas la colère qui grandit, mais la miséricorde.
Parfois, lorsque vous n’avez envie de rien, que votre âme est fatiguée, que votre cœur se serre, regardez un bébé.
Ses mouvements, son énergie inépuisable, son amour sans attente…
Tout cela devient une raison de remercier Dieu.
Les bébés n’ont pas peur de perdre ; c’est pour cela qu’ils sont en paix.
Nous, les adultes, marchons sous le poids de la peur de perdre.
Voilà pourquoi nous ne pouvons pas être aussi courageux qu’un bébé, ni aussi légers qu’un enfant.
En passant du temps avec ma petite-fille, j’ai remercié Dieu pour une chose de plus :
Il m’a accordé des enfants à un âge jeune, grâce à Lui.
Aujourd’hui, je comprends mieux combien élever un enfant après quarante ans demande à la fois du courage et de la force.
Être une jeune mère était en réalité une immense bénédiction.
C’est mon conseil aux jeunes : devenez parents avant trente ans, sans dépasser la quarantaine.
C’est l’un des plus beaux cadeaux que vous puissiez vous faire.
Bien sûr, vous direz :
« Un enfant, ça ne se fait pas tout seul. »
Il faut quelqu’un à épouser… qu’il ait une maison, un travail, une situation stable,
une carrière brillante, un revenu satisfaisant.
Et tant qu’à faire, que la maison soit à mon nom…
Toujours des détails, toujours des exigences.
Refuser est facile, éliminer est considéré comme un talent.
Les paroles sont nombreuses, les excuses infinies, les désirs sans limites.
Personne ne veut mettre la main sous la pierre.
Tout le monde veut une vie toute prête, mais personne ne veut la construire ensemble.
Puis on s’étonne et on demande :
« Pourquoi ça ne marche pas ? »
Parce que la liste est longue, et la vie est courte.
On pourrait en parler pendant des pages, mais j’ai une carence en fer, je n’ai pas l’énergie pour tout expliquer… bref.
Je veux simplement dire ceci :
Si vous vous aimez pour l’amour de Dieu,
Dieu placera devant vous, au moment juste et de la meilleure manière,
votre époux, votre travail et votre chemin.
Faites-Lui confiance.
Appuyez votre cœur sur Lui.
Aimez pour Dieu…
Pas par intérêt, pas par habitude, et surtout pas par peur de la solitude.
Épousez quelqu’un qui reconnaît les interdits de Dieu comme interdits, et Ses permissions comme permises.
Car dans un tel cœur, il y a fidélité, miséricorde et justice.
N’oubliez pas :
Un lien qui commence pour Dieu
apporte la paix ici-bas
et devient une compagnie dans l’au-delà 🌿
Salutations et prières.
Note : c’est un ancien texte.